Le championnat d'Europe des Nations a déjà débuté. Au moins dans la tête de Zidane, qui, profitant du stage de régénération de Tignes (Savoie), a rappelé hier qu'il faut « oublier » les vicissitudes de la saison.
Les douze Bleus réunis autour du staff de l'équipe de France sont redescendus hier dans la plaine, à Bourg Saint-Maurice, passant des 2000 mètres de Tignes à 800 mètres, pour reprendre contact avec le ballon « ce qui n'est pas possible en altitude en raison de l'accélération cardiaque que cela provoque». Mais, les regards étaient surtout braqués sur Zidane, terriblement marqué par l'échec de la Juventus en championnat d'Italie, et aussi sur Barthez, auteur d'une saison moyenne et polémique, et dont l'éventuel transfert défraie la chronique. « C'est ma plus grosse déception comme joueur. Cela fait très mal », reconnaissait un Zidane le visage creusé, assombri par une barbe de trois jours. « Cette année je n'ai rien gagné. Il faut oublier moralement. J'ai besoin de souffler. Ce n'est pas tellement la Lazio qui a gagné le championnat. C'est nous qui l'avons perdu », insiste-t-il en se repassant dans la tête les images des occasions perdues. « De toute façon, je suis quelqu'un qui refuse la défaite. Je vais rester à la Juventus la saison prochaine pour essayer de gagner la Ligue des champions. L'an dernier, j'ai hésité à partir après une saison très moyenne où je n'avais rien apporté. Je suis resté pour montrer que cela allait mieux. Jusqu'à la dernière journée c'était parfait », souligne-t-il avant de replonger dans ses souvenirs.
Beaucoup plus vite
Et puis, il se secoue : « Maintenant, il nous faut saisir la chance de devenir les premiers champions du monde à confirmer leur titre au championnat d'Europe». Il sort définitivement de son nuage du Calcio, regarde autour de lui, voit passer ses coéquipiers avec le survêtement de l'équipe de France et, esquisse un petit sourire : « On a l'impression de se connaître depuis des années. C'est bien. C'est le groupe qui fait la force. Il faut que nous n'ayons rien à regretter. Si nous jouons au dessous de notre valeur et que nous sommes éliminés, cela sera une grosse déception». Un peu plus loin, beaucoup plus décontracté, Fabien Barthez tient à peu près le même discours, avec d'autres mots. « Il faut tout oublier de 1998. Pour moi, le titre de champion du monde est loin. La perspective d'être en forme pour l'Euro me motive », affirme-t-il avec une forme de désinvolture. Les rumeurs sur son éventuel transfert à Manchester United sont écartées, en bon gardien, d'un simple revers de main : « Je n'ai pas de contact. Je le saurais, je suis mon propre agent. Je serais 100 % Monégasque la saison prochaine». Retour sur Zidane qui, peu à peu, entre dans son Euro, avec la voix de plus en plus feutrée. « L'équipe des Pays-Bas est celle qui m'impressionne le plus. A nous de nous mettre à l'abri en gagnant nos deux premiers matches». Ainsi, les Bleus ont désormais oublié le championnat du monde. Ils entrent dans l'Euro-2000, « une compétition qui va beaucoup plus vite». « Et c'est tant mieux », lâche Zidane, pensant sans doute à ses prochaines vacances à Marseille avec sa famille.
Zinédine Zidane avant de partir en randonnée avec des raquettes sur le glacier de la Grande Motte mercredi.
AFP











