Certaines tombent dans l'engrenage de la perte de poids « comme pour protester,, souligne Marie Bertin. Inconsciemment, c'est une grève de la faim. Une copine est devenue anorexique à la suite du divorce de ses parents. A l'époque, je me disais « moins il y aura de moi, moins je souffrirai». Je voulais disparaître». Et puis, il y a la mode. Les stéréotypes véhiculés par la société, distillés par les magazines. « Les grosses sont risibles, les maigres adulées. Nous sommes dans l'adulation de la maigreur. Dans les boutiques, les vêtements sont taillées pour des gamines de 12 ans » dénonce Marie. « Les magazines font un gâchis épouvantable, ajoute Roselyne Bertin. A quoi elle ressemble la mode ? Il faut être complètement androgyne, filiforme pour rentrer dans les vêtements, n'avoir ni seins, ni fesses. Lamentable. Les adolescentes sont obnubilées par la silhouette, maigrir or un jour, on n'est plus maître ce qu'on a mis en place. C'est un piège assez terrible. Aux gamines, on leur propose du 32 ou du 34. Elles voudraient bien rentrer là dedans. Alors, elles font tout pour. C'est devenu honteux d'acheter un pantalon taille 40 ou 42. Si a 16 ans, tu ne fais pas du 34, tu es monstrueuse. Une aberration d'en arriver là». Les adolescentes veulent mincir. Am stram grammes, pic et pic et kilogrammes. Au bout du chemin, certaines trouvent l'anorexie. Comment s'en sort-on ? « A petits pas », avoue Marie, qui a été suivie de longs mois par un psychologue, a subi une hospitalisation. « J'ai eu la chance d'être très entourée, écoutée et entendue, soutenue par des amis. Plus rien dans ma tête ne murmure de ne plus manger. Je n'ai plus peur de la nourriture. Il faut accepter de se faire violence pour que les choses redeviennent normales et naturelles comme s'alimenter. Dernièrement, je suis partie trois jours au Mans pour le Grand prix de France. J'ai mangé un sandwich jambon-beurre avec des frites et bu du coca. Quand on est capable de faire ça, on n'est plus anorexique. Je pèse dans les 50 kg et je ne me pèse plus».











