« Mes propres petits-enfants, ils ne savent plus d'où vient la purée qu'ils mangent dans leurs assiettes!» En quelques mots, prononcéS hier après-midi à la Maison des l'agriculteurs de Vesoul, cet exploitant agricole a résumé tout l'intérêt de l'opération « Fermes ouvertes». Organisée en novembre dernier, celle-ci a permis à 24 classes d'écoles primaires -soit quelques 600 enfants- de partir visiter des fermes du département : veaux, vaches, cochons et semences, tout leur a été expliqué dans les moindres détails. Revenus dans leurs classes, les enfants ont alors entrepris de réaliser des « reportages photographiques » au sujet de leurs découvertes, et les six « meilleures » classes ont été conviées hier à une petite cérémonie à la Maison de l'agriculture, afin de se voir récompensées par quelques cadeaux pédagogiques.
« Rencontres citoyennes »
Soucieux de mieux se faire connaître, les agriculteurs n'ont cependant pas l'intention de se tourner uniquement vers les enfants. Ainsi, la cérémonie d'hier a également été l'occasion de donner le coup d'envoi officiel des « Rencontres citoyennes de l'alimentation », qui se dérouleront partout en France jusqu'à l'automne : « Concrètement, il va s'agir pour nous d'aller au devant des consommateurs afin de dialoguer avec eux à propos de notre métier et de les rassurer », explique Michel Renevier, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles de Haute-Saône (FDSEA 70). « En ce moment, reprend-il, les gens n'entendent parler de l'agriculture qu'en termes de vache folle, de Dioxine ou d'OGM -toutes choses qui inquiètent beaucoup les consommateurs... Si bien qu'il finit par y avoir un véritable décalage entre la perception des risques encourus et la réalité. Et nous, agriculteurs, sommes considérés comme responsables de tous les dérèglements. Pourtant, avec la traçabilité des produits, l'alimentation n'a jamais été aussi sûre ! Quant au mot "malbouffe", il est vraiment malheureux, car la France reste certainement le pays du monde où les gens mangent encore le mieux.» Après avoir sensibilisé les enfants, les agriculteurs se tournent donc maintenant vers leurs parents, avec slogan résolument optimiste -« Je suis bien dans mon assiette »- où flotte néanmoins comme un parfum de « méthode Coué».
La classe de CP de Thomas s'est distinguée avec ce beau livre agrémenté des dessins de toute la classe.
E. D.











