La lutte antidopage pourrait bénéficier d'une nouvelle impulsion dès le prochain Tour de France, avec le dépistage systématique de l'EPO. Mais il faudra d'abord obtenir l'accord des parties concernéess.
Une délégation ministérielle française rencontrera, demain à l'aéroport de Genève, le président de l'Union cycliste internationale (UCI), Hein Verbruggen, pour examiner l'éventualité de procéder, lors du Tour de France, à un dépistage de l'EPO, un produit dopant jusqu'alors indétectable.
Selon le porte-parole de l'UCI, Enrico Carpani, outre M. Verbruggen, le Dr Leon Schattenberg, président de la Commission du sport de l'UCI et le Pr Patrice Mangin, directeur de l'Institut de médecine légale de Lausanne, ainsi qu'un juriste participeront à la rencontre.
La délégation française sera conduite par le directeur des Sports Joël Deplanque, a-t-on indiqué au ministère français de la Jeunesse et des Sports. Le directeur du Tour de France, Jean-Marie Leblanc, ainsi que le président de la Fédération française de cyclisme (FFC), Daniel Baal, participeront également à la réunion.
Le ministère français a adressé à l'UCI, en réponse à une lettre de M. Verbruggen, une série de propositions concernant les contrôles antidopage auxquels il souhaite procéder, en juillet prochain, sur le Tour de France.
Daniel Baal aimerait un signe fort
L'une de ces propositions vise à valider une méthode de détection dans les urines de l'érythropoïétine (EPO), produit qui stimule la fabrication de globules rouges. Cette nouvelle méthode a été mise au point par le Laboratoire national antidopage de Châtenay-Malabry (région parisienne) qui affirme pouvoir désormais détecter dans les urines l'EPO exogène (non produite naturellement par l'organisme), utilisé comme dopant. Fervent partisan d'un sport propre, Daniel Baal ira à Genève plein d'espoirs, mais aussi de craintes. « J'espère bien sûr que le dispositif que nous allons soumettre à l'UCI et aux différentes parties concernées sera accepté dans sa totalité, dit-il. Mais je m'attends à des discussions serrées. Outre la détection de l'EPO, nous souhaitons aussi celle des corticoïdes. Et nous insisterons pour que les résultats des examens soit confiés à des médecins totalement indépendants du monde cycliste.» Une ingérence acceptée en France, certes, mais qu'ont toujours repoussée, jusqu'à présent, les associations internationales des groupes sportifs et des coureurs professionnels. « Les coureurs auraient pourtant un rôle important à jouer, juge Daniel Baal. En donnant un accord sans équivoque, ils donneraient un signe très fort dans le cadre de la lutte anti-dopage.» Mais si le président alsacien de la FFC se félicite des progrès de la science pour débusquer les tricheries, il ne reste pas moins conscient que le problème est loin d'être soldé. « Je crains que l'on vienne après la bataille, souligne-t-il. En fait, il semblerait que l'utilisation de l'EPO soit désormais dépassée par de nouvelles méthodes de dopage tout aussi efficaces. A chaque fois que l'on a fait un pas en avant pour lutter contre ce fléau, il s'est avéré tôt ou tard que les tricheurs en faisaient autant.»











