Lorsqu'on les interroge sur leurs problèmes de santé les plus fréquents, les Français donnent un tiercé qui donne raison aux couvertures des magazines : mal de dos (cité comme « régulier » par un tiers des sondés), fatigue, anxiété. Ce sont là les maux de notre société, des maux de civilisation, et ils pèsent lourd. « Etre stressé sur son lieu de travail » constitue aussi une réponse importante, citée par une personne sur cinq, mais surtout par 28 % des salariés (chez qui elle arrive en deuxième position, juste après le mal de dos).
Stress pour les cadres, mal de tête pour les ouvriers
Tous ces maux de la vie moderne affectent toutes les catégories de Français, avec toutefois des différences notables. Les cadres apparaissent plus soumis au stress que les ouvriers, mais les ouvriers ont plus souvent des maux de tête. Les uns comme les autres sont en revanche autant victimes du mal de dos. Le mal de tête régulier est plus féminin (20%) que masculin (8%). Lorsqu'ils se sentent malades, la majorité des sondés essaient de se soigner tout de suite. Leur premier réflexe consiste alors à consulter leur médecin traitant, en allant le voir à son cabinet ou, de plus en plus, en lui téléphonant. La seconde option la plus répandue (mais elle ne concerne qu'un malade sur huit) consiste dans le recours à l'automédication : on se sert de médicaments qu'on a chez soi. Il est beaucoup plus rare qu'on aille directement chez le spécialiste, ou à l'hôpital, ou qu'on appelle un organisme comme SOS Médecins. Aux premiers signes du mal, la confiance dans le médecin traitant domine. Notons que la tendance à l'automédication est plus forte chez les diplômés de l'enseignement supérieur... Les Français disent d'ailleurs qu'ils ont une consommation médicale en hausse, ces dernières années, rendant ainsi compte des problèmes de financement de la Sécurité sociale. Ils confessent, dans des proportions significatives (environ un tiers d'entre eux) qu'ils vont plus souvent chez le médecin, qu'ils font plus souvent faire des analyses ou des bilans préventifs, qu'ils se font plus régulièrement faire des vaccins, toutes choses que les professionnels de santé confirment.
Point noir
En revanche, les professionnels de la santé pensent aussi que les patients vont plus souvent consulter les spécialistes, et surtout achètent plus de médicaments et vont plus souvent dans un service d'urgences à l'hôpital, alors que... les Français n'en ont guère conscience !
Telles sont les conditions modernes dans lesquelles les Français vivent la maladie, des conditions qui coûtent évidemment de plus en plus cher, comme dans toutes les sociétés développées. Avec ce point noir : 13 % des personnes interrogées (cela fait tout de même une sur huit) dit qu'il lui est arrivé de renoncer à se soigner, pour des raisons financières ; la proportion monte à 22 % chez les personnes gagnant moins de 5000 F par mois, et 28 % chez les chômeurs. Ces personnes citent en particulier les soins dentaires, et à un moindre titre, les soins concernant les yeux. A l'heure de la couverture médicale universelle, les soins, notamment les couronnes et les lunettes, continuent à constituer un réel problème social, dans ce pays.
Roland Cayrol : « La confiance dans le médecin traitant domine ».











