Après la tempête du 26 décembre, la vie en forêt a repris ses droits. Les animaux ont échappé à la catastrophe.
LES ANIMAUX, hôtes familiers de nos bois, ont échappé majoritairement à la catastrophe du 26 décembre qui a malmené les forêts. Les plaies sont loin d'être cicatrisées. Dans les forêts sainte-mariennes, si les cervidés ont souvent trouvé, au paroxysme de la tempête, leur salut sur les grandes prairies bordant le massif forestier, d'autres tels renards et blaireaux ont laissé passer les assauts du vent, réfugiés dans leurs galeries profondes. L'instinct animal a dû jouer, bien que sous l'enchevêtrement des chablis inexploités, quelques victimes peuvent encore reposer ou ont déjà été consommées par les charognards rôdant en ces lieux.
Les cervidés, biches et chevrettes, rescapés aux flancs rebondis, ont déjà mis bas ou sont prêts à assumer leur rôle de messagère de vie. Les laies, profitant du refuge offert par les grands géants centenaires terrassés, ont aménagé sommairement, dès le mois de mars, leur chaudron accueillant 5 à 10 marcassins sous les branches touffues plaquées au sol.
Les maternités
Les renards, dont le rut a eu lieu quelques semaines après la tempête, allaient leur progéniture d'abord dans les entrailles de la terre et plus tard en plein air, dès que les renardeaux atteignent trois semaines d'âge. Une première sortie de ces petites boules de duvet a été observée cette année le jour de Pâques. Un peu plus tard, sur un autre site, 4 blaireautins, de taille déjà respectable, se bousculaient, jouant à l'entrée de leur abri souterrain. Martres et écureuils, ennemis irréductibles, cohabitent dans les arbres haut perchés, élevant leur progéniture dans les troncs creux ou les anciens nids d'oiseaux. Leur observation n'en est pas facilitée. Les lièvres, peu nombreux en montagne, ont déjà élevé une première portée qui va être suivie d'autres au courant de l'année. Les oiseaux sont occupés à donner la becquée à leurs nichées. Ceux fréquentant les nourrissoirs en hiver viennent parfois présenter leurs rejetons au printemps. Un moineau familier avait aligné sa petite famille sur le toit d'un garage proche de son resto du coeur des mauvais jours. Une chouette hulotte réfugiée dans un arbre creux, transformé en maternité, a vu ses 3 boules duveteuses grandir à vue d'oeil, au point qu'ils durent s'extraire de leur antre devenu par trop étroit, pour se faire nourrir sur le pas de la porte. Ces quelques observations, relevées au cours des belles journées printanières que nous avons connues, font oublier les assauts d'une nature en furie, qui ont gâté les fêtes de fin d'année. La vie a repris ses droits et les naissances et éclosions enregistrées ne font que précéder le renouveau d'une forêt martyrisée qui elle aussi renaîtra et retrouvera, à plus long terme, sa splendeur temporairement altérée.
Les renardeaux de trois semaines sont sortis du terrier à Pâques.
GEORGES JUNG











