Comment asseoir solidement la vocation européenne de la capitale alsacienne ? La question a été débattue au conseil municipal de Strasbourg, lors du vote d'approbation du Contrat triennal.
« LA VOCATION européenne de Strasbourg doit être défendue vigoureusement au niveau national », a martelé Anne Schumann, lundi au conseil municipal de la ville. L'élue UDF-RPR intervenait la première sur le point n° 10 de l'ordre de jour, concernant l'approbation du contrat triennal « Strasbourg, ville européenne » 2000-2002, passé avec l'Etat et visant à renforcer la position de Strasbourg au sein de l'Europe.
La conseillère s'est inquiétée « de la récente campagne de presse alarmiste » concernant le nouveau bâtiment du Parlement européen, qui serait contaminé par la bactérie responsable de la maladie du légionnaire. « Il existe des frondeurs qui remettent en cause la légitimité de Strasbourg, pourtant affirmée par un vote de l'ensemble des pays de l'Union », a-t-elle poursuivi. Selon elle, l'IPE4 qui est « un bâtiment magnifique, ne devrait plus être appelé « dépressionnant », comme le fit une parlementaire ». Et de se demander s'il était judicieux de se focaliser sur le confort de 420 parlementaires, présents 11 semaines par an à Strasbourg, « alors qu'une autre institution importante, le Conseil de l'Europe, emploie 1500 fonctionnaires tout au long de l'année et constitue un poumon économique de notre ville ».
Des erreurs ont été commises
Anne Schumann a également rappelé que Strasbourg était devenue capitale européenne en 1949, comme symbole de la réconciliation franco-allemande. Mais selon elle, « des erreurs ont été commises », notamment au niveau des liaisons de la ville avec le reste de l'Europe. « La navette avec l'aéroport a été supprimée au profit d'une incroyable combinaison bus-tram-bus. C'est une idée sortie de la tête d'un énarque mais certainement pas de celle d'un homme de bon sens ». Même sentiment vis-à-vis de la perte des liaisons quotidiennes avec Zurich ou Francfort. « Aux étrangers qui découvrent notre ville, on peut dire qu'on n'a pas d'avion pour rallier les autres aéroports, mais on a un bus, a-t-elle ironisé. Et il y a le problème du manque d'hôtels deux ou trois étoiles, la plupart des gens qui viennent à Strasbourg, n'ayant pas forcément les moyens de se payer un quatre étoiles. » « Tous les députés européens ne dépriment pas, lui a rétorqué Marie Hélène Gillig, et beaucoup trouvent le bâtiment remarquable. Je ne crois pas qu'il soit sage d'opposer Parlement européen et Conseil de l'Europe. Les deux institutions sont complémentaires». Roland Ries, qui participait sans doute pour la dernière fois en tant que maire au conseil municipal, -bien qu'il ait refusé de s'exprimer lundi sur une prochaine démission- a reconnu également qu'une « vaste offensive se développe contre la vocation européenne de Strasbourg ». « Je la prends au sérieux, a continué le premier magistrat de Strasbourg, car rien n'est acquis. Le vrai risque est un glissement progressif, qui viderait les sessions de Strasbourg de leur contenu politique pour n'en garder que le formalisme ».
Il existe un lobby anti- Strasbourg
Selon lui, « il existe un lobby anti-Strasbourg, constitué depuis longtemps, avec des arguments parfois très puérils ». « La vraie question, a-t-il souligné,au-delà des problèmes de desserte de la ville, que je reconnais volontiers, c'est l'effet de seuil. La position de notre ville sera renforcée chaque fois qu'une nouvelle institution ou grande entreprise européennes viendra s'installer dans la ville ». Catherine Trautmann a abondé dans son sens. « Depuis 10-12 ans, nous avons progressé en créant un contexte européen favorable avec, par exemple, l'installation de L'Eurocorps, d'Arte et de l'Université internationale de l'Espace ». Pour la conseillère municipale, « il faut continuer à construire les relations franco-allemandes » et se lancer dans une action de lobbying pro-Strasbourg, « auprès de l'état français, mais aussi au niveau de toutes les institutions européennes ». L'idée de créer un véritable quartier européen ou « Euroscope » a été évoquée par l'opposition comme par Roland Ries qui a suggéré que cette idée « était à explorer ». Reste que la question d'un soutien financier de l'Etat dans l'extension et les restructurations immobilières du Conseil de l'Europe est toujours en suspens, les négociations entre le gouvernement et la Ville n'ayant pas encore abouti. Néanmoins, les élus ont quand même adopté l'approbation du contrat triennal.
Les négociations avec l'Etat dans le cadre du Contrat triennal « Strasbourg, Ville européenne » 2000-2002, sur la restructuration et l'extension du Conseil de l'Europe n'ont pas encore abouti.
JEAN-MARC LOOS











