Le programme du concert de jeudi dernier de l'Orchestre philharmonique de Strasbourg a été bouleversé pour ne conserver que la seconde partie, la Symphonie n° 10 en mi mineur de Chostakovitch. Cette oeuvre a été dirigée de main de maître par le jeune chef estonien Paavo Järvi, chaleureusement applaudi par les musiciens et longuement salué par le public pour sa précision, sa méticulosité et sa fougue. Il a su rendre les accents romantiques et slaves du très long premier mouvement et amener les tensions entre les vents et les cordes jusqu'à leur paroxysme avant leur résolution. En première partie, le concert avait débuté par un classique Concerto pour trombone de Michaël Haydn, un exercice dans lequel l'OPS est particulièrement à l'aise, comme il l'avait été la semaine dernière dans la Symphonie n° 6 en fa majeur de Mozart. Le trombone soliste, Christian Lindberg, fit apprécier les sonorités rauques et chaleureuses de son instrument en même temps que sa dextérité. Vêtu d'un pantalon de cuir noir et de bottines, le Suédois a passé, durant la pause, un blouson de cuir vermillon pour interpréter Short ride on a motorbike de son concitoyen Jan Sandström. Le public se délecta et éclata de rire à plusieurs reprises lorsque l'instrumentiste imitait les pétarades de la moto, les démarrages difficiles, les passages de vitesse... ou tournait telle une girouette. A une très grande dextérité technique s'ajoute un sens certain du spectacle et une envie de s'amuser avec son instrument. Le cabotin nous offrit quelques vocalises dans son instrument et quelques onomatopées scandées entre deux notes. L'orchestre ne fut pas en reste, faisant déferler les chevaux de cette équipée sauvage. Les applaudissements nourris des spectateurs lui firent offrir deux bis, l'un sonnant un peu jazzy, l'autre étant une transposition raccourcie du Vol du bourdon.











