A l'occasion de deux répétitions ouvertes à tous, le public a pu découvrir la prochaine création d'Odile Duboc, au centre chorégraphique. Les danseurs se prennent encore les pieds dans les tapis de sol mais réussissent tout de même à s'envoler. Nous sommes dans l'entre-deux, entre improvisation et création. Le titre, choisi collectivement à partir de mots adorés. « J'ai mis du sable exprès, vite fait, comme ça, dans mes chaussures » précède, une fois n'est pas coutume, le contenu de la pièce. Pratique pour les programmateurs du spectacle, mais pas forcément pour les interprètes. Entre deux improvisations, Odile Duboc et ses trois danseurs expliquent au public, venu nombreux, la genèse du projet et le processus de création. Depuis l'ouverture du centre chorégraphique de Belfort, Stéphany Ganachaud, Françoise Rognerud et Bruno Danjoux accompagnent, de façon permanente et en toute complicité, tous les projets d'Odile Duboc. Il s'agit d'une pièce destinée d'abord au jeune public. « Pour travailler sur la formation d'un public en devenir et toujours pour transmettre et partager des émotions » explique Odile Duboc. Le langage commun est né d'un recueil constitué des humeurs de chacun, à la manière surréaliste des cadavres exquis. Il reste ensuite aux interprètes de proposer des écritures chorégraphiques, en développant toutes les pistes sonores, spatiales, physiques. C'est le corps qui imagine, pas la tête. Et il imagine très bien, à l'image de cette vision étrange d'un homme sans tête, emmitouflé dans un manteau, sous son chapeau. Et toujours cette fascinante légèreté dubocienne.
Une pièce chorégra- phique pour trois danseurs (Bruno Danjoux, Stéfany Ganachaud et Françoise Rognerud).
Michel Grivet











