Concernant les problèmes de délinquance et de violence, une démarche novatrice s'est mise en route. Débouchera-t-elle sur quelque chose de concret ? Là se situe sans doute l'attente de beaucoup d'Héricourtois...
Le Comité contre la violence, devenu Espace citoyen (nos éditions des 11, 17 et 21 novembre), a adressé un courrier au maire afin de solliciter un entretien (Jean-Pierre Michel y a fait allusion lors de la réunion du conseil municipal de vendredi, déclarant que cet entretien aurait lieu « très prochainement »).
Des questions précises
Après avoir déploré « l'immobilisme et le laxisme des autorités » entraînant un « ras-le-bol généralisé », Espace citoyen, dans sa lettre au maire, liste un certain nombre de questions : « Pourquoi certains responsables d'actes de délinquance connus des services de police circulent-ils en toute impunité en ville ? Pourquoi les forces de police disposent-elles d'un effectif réduit la nuit ? Pourquo l'amendement de 45 (¹) n'est-il pas revu ? Pourquoi les parents d'enfants mineurs délinquants ne sont-ils pas systématiquement tenus pour responsables ? Pourquoi le maire ne demande-t-il pas la réparation immédiate et systématique lors des dégradations ? Quels sont les pouvoirs de la police et quels sont les liens avec la mairie ? Pourquoi les faits de délinquance et actes d'incivilité ne sont-ils pas systématiquement relatés par la presse ? Y a-t-il une volonté de cacher la vérité (²) ? Pourquoi la ville est-elle plus sûre lors de la présence de CRS ? Pourquoi la ville ne s'est-elle dotée que d'un médiateur ? Est-il vrai que certains fonds sociaux servent à aider certaines familles à régler leurs litiges avec la justice ? Pourquoi ne pas instaurer à Héricourt l'interdiction de circuler seuls aux mineurs de moins de 14 ans après 22 h ? Pourquoi ne pas contrôler l'origine et le moyen de financement des véhicules de luxe utilisés par certains jeunes conducteurs sans activité professionnelle ? » Reste à savoir quelles réponses le maire donnera à ces différentes questions, qui ont au moins le mérite d'être claires et concrètes. Car, si certaines concernant davantage l'Etat et la loi, ils en est quelques-unes, semble-t-il, qui peuvent toucher directement son action d'élu local.
Des suggestions
Ne se contentant pas de poser des questions, Espace citoyen fait état d'un certain nombre de suggestions recensées dans ses réunions et qu'il fait siennes : « Confisquer et mettre en fourrière les véhicules, scooters et cyclomoteurs des jeunes déliquants : leur revente permettrait parfois d'indemniser les victimes ; mettre en place le remboursement d'une consigne pour toute cannette en verre trouvée dans la nature ; engager une campagne de réflexion sur la violence et ses conséquences auprès des jeunes écoliers, collégiens et lycéens ; faire réparer toutes les petites dégradations par leurs auteurs et notamment celles commises sur des édifices communaux ; responsabiliser les parents en actionnant sur les allocations familiales ou autres prestations sociales ; interdire aux auteurs d'incivilités ou d'actes de délinquance l'utilisation des structures culturelles ou sportives jusqu'au paiement intégral du préjudice commis ; remise en fonction d'éducateurs spécialisés (sauvegarde) ; mise en place d'animateurs et d'activités tous les soirs jusqu'à 24 h, ainsi que les samedis et les dimanches ; penser à un service de sécurité la nuit (équipes de maîtres-chien par exemple) ». Là encore, il sera intéressant de connaître les réactions du maire face à ces « pistes » suggérées, réactions qui seront forcément fonction de l'idée qu'il se fait lui-même de la lutte contre la déliquance des mineurs, et - surtout - des moyens dont il peut disposer à son niveau.
(¹) Les auteurs font probablement référence ici à l'ordonnance de 1945 axée sur les mineurs. (²) Pas plus tard que la semaine dernière, la préfecture n'a pas été en mesure de nous communiquer les nouveaux chiffres de délinquance sur Héricourt - que nous avions obtenus et publiés au printemps dernier pour la période précédente - en expliquant que, cette fois, le ministère de l'Intérieur ne les avait pas donnés à cette fin.
De ces choses que l'on aimerait ne plus voir.
M.M.











