Les appels en faveur des Palestiniens ont été au centre des prêches de l'Aïd el-Fitr, célébré hier à travers le Moyen-Orient sur fond d'offensive militaire israélienne contre l'Autorité palestinienne. « Nous devons faire pression par tous les moyens » pour soutenir les Palestiniens, a proclamé un imam égyptien, Abdallah Chehata, dans une mosquée de la banlieue du Caire. « Nous n'avons d'autre alternative que de boycotter les produits américains », a-t-il ajouté, après avoir dénoncé le veto de Washington à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Proche-Orient. L'Aïd el-Fitr marque la fin du mois de jeûne musulman du Ramadan, qui a coïncidé cette année avec une nouvelle escalade de la violence entre Israël et les Palestiniens pris dans un cycle sanglant d'attentats et de représailles. En Arabie Saoudite, l'imam de la mosquée de Médine, lieu saint musulman qui renferme le mausolée du prophète Mahomet, cheikh Abdel Bari al-Sabiti, a condamné « les résolutions et chartes internationales inéquitables pour la cause palestinienne », et appelé les musulmans à « soutenir le peuple palestinien ». A La Mecque, premier lieu saint de l'islam, la prière s'est déroulée en présence du roi Fahd et des principaux dirigeants saoudiens et l'imam, cheikh Mohammed al-Sabil s'est contenté d'appeler à un « retour à l'islam originel ». Le roi et son prince héritier, Abdallah ben Abdel Aziz, avaient appelé samedi pour la même occasion à « l'arrêt de l'agression israélienne contre le peuple palestinien ». Le même thème a dominé les prêches dans d'autres pays du Golfe. A Abou Dhabi, cheikh Mohammed Abel Fattah a appelé les fidèles à célébrer sobrement l'Aïd en ayant à l'esprit « les souffrances des Palestiniens écrasés par la machine de guerre israélienne ». ATéhéran, devant 100 000 fidèles rassemblés pour la prière, le guide de la République islamique d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé les pays musulmans à « soutenir les Palestiniens et à les équiper pour leur permette de résister », sans préciser la nature de ces équipements. Le mufti de Damas, cheikh Bachir Abdel-Bari, a dénoncé « les crimes (du Premier ministre israélien) Ariel Sharon et sa politique de meurtres de civils et de destruction de maisons ». Le ministre jordanien des Affaires religieuses Ahmed Hleil a souligné quant à lui les « efforts persistants du roi Abdallah II pour mettre fin aux souffrances du peuple palestinien ». Au Liban, le mufti sunnite Mohammed Rachid Qabbani a appelé à la poursuite de l'Intifada comme seul « moyen d'affirmer les droits arabes en Palestine » alors qu'un haut dignitaire chiite, Abdel Amir Qabalan, a espéré dans un communiqué, « la libération des territoires arabes en Palestine et dans le Golan » syrien. En Cisjordanie et dans la bande de Gaza les rassemblements pour les prières ont été perturbés par le blocus de l'armée israélienne.rs de leur président Yasser Arafat. Le président palestinien Yasser Arafat a prié à Ramallah en Cisjordanie, où il est bloqué depuis le 3 décembre par l'armée israélienne, et appelé dans une brève déclaration les Arabes et les musulmans à « soutenir la lutte des Palestiniens pour la défense des lieux saints islamiques et chrétiens ». L'Aïd el-Fitr est traditionnellement l'occasion de gracier des prisonniers de droit commun et les autorités égyptiennes ont ainsi annoncé hier la libération de 861 détenus.
A l'occasion de l'Aïd el-Fitr, le président Yasser Arafat a prié à Ramallah.
AFP











