Les Japonais, aussi, aiment le break de chasse. Illustration très plaisante avec la Lexus SportCross.
Audi a son Avant, BMW son Touring, Lexus a désormais son SportCross : le break de chasse — on peut ne pas apprécier l'allusion — aime les pseudonymes. Du reste, il n'a pas tort de refuser d'être break : tous ces engins, si agréables à regarder soient-ils, n'ont de coffre qu'à l'avant. La palme, de ce point de vue, revient au Nippon dont le hayon s'ouvre sur une soute à bagages moins grande que celle de la berline malgré un porte-à-faux rallongé de 10 cm : 365 litres tablette cache-bagages en place ! Plus courte de 70 cm et aussi habitable dedans, la nouvelle Polo annonce 270 litres… Le (la ?) SportCross — néologisme fumeux signifiant mélange des genres… — est de toute façon un engin assez peu habitable, carrément étriqué à l'arrière, bref pas familial du tout malgré ses 4,50 m de long. Un chiffre, un seul : à l'avant, la largeur aux coudes est de 1410 mm, dix de plus qu'une Peugeot 206. A quoi bon alors ? En fait, ce « break » Lexus, le premier de la jeune histoire de la marque de luxe de Toyota, doit être considéré comme un coupé 5 portes et à ce titre son charme est évident. Joliment dessiné, très bien présenté, l'IS300 SportCross dégage nettement plus de personnalité que la berline et une vraie originalité, assez rare dans ce segment. Les grandes roues alu de 17 font de l'effet. Originalité aussi dedans avec ce tableau de bord façon chronographe et un très joli levier de vitesses avec boule alu. La qualité générale est très correcte quoique les revêtements plastiques n'aient pas la classe de ceux de ses deux rivales germaniques. D'ordinaire, Lexus est plus exigeant. L'équipement est peu suspect d'avarice avec l'indispensable dotation confort (climatisation, hi-fi-CD, sièges avant électriques/chauffants…) et sécurité (6 airbags, phares au xénon…).
La lettre et l'esprit
D'un coupé, la SportCross a la lettre et l'esprit. Avec, sous l'étroit capot, les 213 ch du 6 cylindres 3 litres (15 CV), cette Lexus peu ordinaire ne manque pas de tempérament et fait oublier l'IS200, au catalogue depuis 1999 mais en berline seulement, dont le deux litres de 155 ch a toujours été accusé de lymphatisme. Joli moteur, chantant bien (mais discrètement), que Lexus accouple systématiquement à une boîte automatique séquentielle à 5 rapports, en Europe du moins, car un dispositif mécanique est proposé… aux États-Unis. Au demeurant, ce mariage vaut la peine d'être vécu, ne serait-ce que par la qualité du dispositif séquentiel à commandes au volant, un des meilleurs du genre. Une pichenette sur une touche et les vitesses montent, une autre et les voilà qui descendent sans temps mort ni à-coups et sans s'imposer au conducteur. Bien évidemment, on peut très classiquement manipuler le tout à partir du levier de vitesses. La consommation ? Difficile de tomber sous les 11 litres. Sous-exploité sur l'IS200, le châssis est ici parfaitement mis en valeur. Bien amortie et suspendue, sans la raideur propre aux pures sportives, bien chaussée et freinant bien, la Lexus affiche un comportement de très haut niveau et une remarquable sérénité pour une propulsion. L'agilité pourrait être un soupçon plus grande mais l'équilibre et la vivacité sont là et l'agrément général bien réel, quoiqu'un ton en dessous de celui d'une BMW 330 touring. Bien entendu, le confort dépend directement de l'état de la chaussée, ne serait-ce que parce que les pneumatiques taille basse ne laissent rien passer, mais l'IS300 n'a rien d'un banc public. A noter que si l'antipatinage est déconnectable (bien), le régulateur de stabilité VSC ne l'est pas (dommage). Affichée à partir de 38 990 euros (255 000 F), la Lexus n'est pas spécialement donnée. Mais elle reste moins chère que ses concurrentes désignées qu'elle talonne en terme de présentation, d'équipement et de qualités routières. Reste l'image, mais celle de Lexus est en bonne voie de prendre des couleurs en France. Aux États-Unis, c'est déjà fait.
La greffe d'une cinquième porte a indiscuta- blement fluidifié le style de la Lexus. L'oeil y gagne, les bagages pas vraiment…
dr











