Le Jurassien Franck Bonneau n'en finit pas de fabriquer des euros géants pour célébrer l'arrivée de la monnaie unique.
Zingueur dans le civil, artiste à ses heures perdues, Franck Bonneau, un Jurassien de 30 ans, puise son inspiration créatrice dans l'avènement de la monnaie commune en s'adonnant clandestinement à la construction d'euros géants. Celui qui se présente comme « le plus grand faux-monnayeur d'art » se plaît à rappeler qu'il habite « en toute impunité » à proximité du commissariat de police de Dole, dans le Jura. « Il faut tout de même bien l'avouer : pour un faussaire, je me suis un peu trompé d'échelle », note-t-il, malicieux, en observant, trônant au milieu de l'atelier, un euro en zinc, cuivre et aluminium d'un mètre de diamètre, soit 47 fois plus grand que l'original, qui pèse environ 25 kilos. Quand il n'installe pas des girouettes ou des épis décoratifs sur les toits, Franck Bonneau se passionne pour l'arrivée de la nouvelle monnaie. Non qu'il en soit lui-même un fervent partisan : « La mort d'une monnaie, c'est une partie de l'histoire d'un pays qui disparaît », déplore-t-il. Mais enterrement pour enterrement, autant que la cérémonie soit joyeuse. « Soyons positifs, il faut vivre avec son temps. Alors j'ai cherché une façon originale de promouvoir ce moment historique », lance le « faux monnayeur » qui n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai.
Un « euro » de 10 000 F
En 1998, il avait ainsi cosigné un premier exploit dans le livre des records en participant avec une association à l'inscription d'un euro de 6,6 hectares, l'équivalent d'une quinzaine de terrains de football, à la surface d'un champ près de Champagnole, toujours dans le Jura. Près de 4 tonnes de PVC jaune, 4 000 piquets et 65 000 clous de charpentier avaient été nécessaires à la réalisation de ce projet, soutenu par le ministre français délégué aux Affaires européennes Pierre Moscovici. La Banque populaire de Franche-Comté, qui en avait fait un emblème pour sa communication, devrait également accueillir à son siège la nouvelle oeuvre de Franck Bonneau, présentant la face « française » et « européenne » de la pièce, à l'occasion de l'arrivée des premiers « kits euros ». D'autres projets trottent déjà dans la tête de l'infatigable artisan, qui travaille actuellement sur l'euro « allemand ». « J'ai proposé à la commission européenne de monter une exposition permanente avec les douze pièces géantes représentant chaque pays », explique-t-il. Également à l'étude : un euro toujours plus grand « que l'on pourrait édifier sur une place dans une ville dédiée à l'Europe », propose-t-il encore, en montrant une maquette représentant la pièce géante au-dessus de trois marches baptisées « liberté », « égalité », « fraternité ». Pour l'instant, Franck Bonneau en est encore à la recherche de mécènes pour son premier euro qu'il « a payé de sa poche », en précisant que sa fabrication lui a coûté 1525 E (10 000 F).
Franck Bonneau est un artiste hors du commun.
AFP











