Terrains de football gelés. Durs comme de la pierre… Les footballeurs francs-comtois, par ce froid de canard, étaient donc priés, pour la plupart, de rester au chaud ce week-end. Matches remis pour cause de terrain impraticable. Les fax et standards téléphoniques des dirigeants des districts et de la Ligue ont crépité toute la matinée de samedi pour répandre au plus vite la nouvelle dans la presse. Sinon, les clubs tapotent sur minitel ou sur le net pour s'enquérir des dernières informations. Et ensuite, c'est l'effet boule de neige. Enfin bref, quand le thermomètre tutoie les moins dix degrés, les crampons n'adhèrent plus et les risques deviennent trop importants pour laisser tout ce petit monde s'exprimer balle au pied. Et puis s'il existe des trous dans le calendrier, ils sont bel et bien destinés à recaser les rencontres remises pour cause d'intempéries.
Pelouse semi-synthétique
Il reste encore ces matches phares avec des équipes se déplaçant depuis l'autre bout de la France qui, quelle que soit la saison, sont entre les mains de l'arbitre. C'est en effet à l'homme en noir qu'appartient de faire jouer ou non la rencontre. « Le football est un spectacle avant tout. Il ne faut pas que les matches deviennent des parodies », affirme Stéphane Moulin, arbitre international franc-comtois qui connaît bien le problème. Des décisions qui sont souvent difficiles à prendre, car quand 40 000 spectateurs se déplacent pour voir un match, ce n'est pas toujours évident de leur demander de rentrer chez eux. Et il n'y a pas trente-six solutions pour résoudre ce problème de terrain impraticable. En fait, il n'y en a qu'une. C'est la pelouse chauffée. Et ça existe tout près de chez vous. Ce n'est vraisemblablement pas fait exprès, mais pour leur retour parmi l'élite nationale, les footeux sochaliens se sont mis au chaud pour l'hiver en adoptant ce fameux tapis semi-synthétique et ses capacités à défier les frimas de l'hiver. Après quelques déboires quand à la mixité fibres synthétiques et gazon naturel cet été qui ont causé bien des tracas aux dirigeants des Jaune et Bleu, le tapis vert de Bonal permet aujourd'hui de disputer le championnat de D1 en toute quiétude.
Déclenchement automatique
Le fameux chauffage tourne actuellement plein pot dans la perspective d'accueillir samedi les hommes de Luis Fernandez. Mais pour remarquer quelque chose, à vue de nez, ce n'est pas évident. En se penchant sur le gazon, on ne sent pas le chaud, non, non… « Cela chauffe uniquement en profondeur, explique l'un des jardiniers du Bonal. Pour éviter le gel. Il n'y a aucun bouton à toucher, une sonde permet le déclenchement automatique du chauffage électrique ». Trente kilomètres de câbles ont été disséminés à une vingtaine de centimètres dans le sol par une entreprise spécialisée. Cette petite merveille de technologie permet surtout d'éviter que le terrain ne se transforme en flan à l'heure du dégel. Comme par enchantement.
L'état de la pelouse est un souci permanent pour les référés chaque dimanche.
Lionel Vadam











