C'est une chorale new-look qui a charmé, samedi soir, le public de la Collégiale. Les voix d'hommes et d'enfants ont évolué en osmose tout au long de ce programme classique.
LE PLUS BEL HOMMAGE rendu à Frédéric Jochum, directeur des Petits chanteurs de Thann a été celui de Jean-Pierre Janton, son prédécesseur. « Ce soir je suis heureux. Je vois que mon oeuvre a été magnifiquement poursuivie. Frédéric a apporté une nouvelle conception qui équivaut à un grand pas en avant vers la perfection ». Il est vrai que les rossignols thannois, reposant sur une fondation solide comme un roc, le choeur d'hommes, ont acquis en spontanéité, en technicité, en capital mélodieux. C'est le fruit d'avancées pédagogiques basées autant sur le travail de la musique que de la diction, un travail effectué avec beaucoup de complicité. Certes il reste encore du blé à moudre mais dès maintenant les Petits chanteurs se sont hissés à un niveau digne d'un passé prestigieux. Plusieurs solistes, compléments indispensables d'une chorale d'enfants, pointent le bout de leur nez. L'assurance et la netteté de la diction sont là, mais il manque encore un peu de puissance. Une lacune qui sera vite comblée ?
Le chant des petits
Que dire du concert de samedi sinon qu'il a respecté la tradition de Noël avec un répertoire classique qui a évolué en cohésion, en sûreté, en prestance, en sensibilité. A plusieurs reprises — "Noël chez nous", "Vive le vent", "Aimer" — on s'est délecté des magnifiques sonorités des voix d'hommes et d'enfants évoluant en osmose parfaite. On a été ému par la ferveur et la spiritualité présidant à "Adeste Fideles", "Divin enfant". On a apprécié la plasticité sonore, le rythme lancinant de l'enfant au tambour. Enfin, on a découvert dans "Compagnons le sauveur est né" la pépinière des futurs Petits chanteurs, des enfants de 5 à 6 ans, qui ne manquent pas de culot. Ils ont, déjà, la diction parfaite et des voix joliment timbrées.
Le public de Thann a retrouvé ses petits chanteurs sur une voie ascendante.
L. A. Maller











