L'association des Amis du Moulin de Storckensohn a fait tourner la meule tout le week-end pour presser la dernière huile de noix de l'année.
Tout le week-end, ils sont nombreux à avoir poussé la vieille porte en bois du moulin de Storckensohn. À l'intérieur, le système, qui date de 1732, fonctionne encore : la roue à augets (reconstruite à l'identique) entraîne engrenages et axes en bois, qui font tourner une meule en pierre, laquelle écrase les cerneaux de noix. La poudre de noix est ensuite chauffée à environ 40°, avant d'être pressée, cette dernière opération nécessitant des bras forts. Le « gâteau » de noix obtenu est alors défait pour repasser sous la lourde meule, le tout est chauffé à nouveau avant de passer une nouvelle fois à la presse. « On obtient ainsi environ un litre d'huile pour deux kilos de cerneaux », indique l'un des bénévoles. Quelque 60 kg sont transformés chaque jour où ils pressent. A la mi-septembre, la meule écrase aussi les pommes pour donner un jus délicieux qui vient agrémenter délicieusement les goûter. Car le moulin ne tourne plus que grâce à la volonté d'une bonne vingtaine de passionnés, qui ont repris l'activité depuis 1990, alors que le moulin avait cessé toute activité depuis 1960. Depuis, au moins un week-end par mois, le moulin tourne pour les amateurs d'huile de noix. « Il a deux possibilités : soit les gens apportent leurs cerneaux et repartent avec leur huile, soit ils achètent l'huile qu'on fabrique à partir de cerneaux que l'association achète », explique Robert. Les écoliers eux aussi se pressent autour du moulin au cours de l'année scolaire. Hier, les gens sont venus de toute la région pour voir la dernière chauffe de l'hiver, certains d'entre eux arrivaient même de Lunéville, attirés par la douce chaleur et l'odeur légère de noix qui règnent dans le moulin. Certains découvrent cette vieille mécanique encore en état, d'autres sont revenus pour l'ambiance. Ils en profitent aussi pour visiter la maison Munsch, un musée paysan qui témoigne de la vie des ouvriers-paysans de Haute Alsace.
Les cerneaux broyés par la meule donnent une poudre qui sera chauffée avant d'être pressée.
Élise Guilloteau











