Comment est-ce possible ? Est-ce une fiction ou un puzzle d'épisodes glanés autour de soi ? Florence Juliard nous transporte dans un huis clos familial hallucinant de méchanceté, de perversion et de souffrance. La folie au quotidien et inscrite dans le temps. Radineries, mesquineries, humiliations se succèdent au fil des années. Les filles sont les souffre-douleur. Peu ou pas de dignité. Les garçons et les animaux, eux, ont droit et au respect et à une place. Dans l'appartement, les moquettes sont usées, les draps sont crasseux, le congélateur regorge de faisans non plumés, les meubles sont des récupérations. On s'entasse dans la voiture à huit ou neuf pour rejoindre la Bretagne. Les parents imposent leur loi, faite de non-éducation, de lâchetés, de colères, de dédain. Au lendemain de l'enfance et de l'adolescence, ce sont des êtres en perdition qui affrontent le monde. Les drames font pour ainsi dire partie de la logique des choses. Les pages sur la mort par le sida du fils Théo sont bouleversantes. Un roman d'une cruauté non sans humour, mais qui inquiète et dérange.
« L'enfer à domicile », Florence Juliard, le cherche midi éd., 156 p., 15 E.











