Les auditions parlementaires mettent au jour les erreurs commises dans les minutes qui ont suivi la mort de Claude Erignac.
Les premières constatations effectuées sur la scène du meurtre du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998, illustrent les dissensions entre les différents services chargés de la sécurité en Corse, selon la commission d'enquête parlementaire présidée par Raymond Forni (PS). « Lorsque je suis arrivée sur place, les lieux n'avaient pas été protégés et tout avait été nettoyé », a accusé devant la commission Irène Stoller, chef de la section antiterroriste du parquet de Paris. A l'époque chef de la Division nationale antiterroriste (DNAT), Roger Marion renchérit : le lendemain matin, « les lieux avaient déjà été dégagés » lorsque les spécialistes sont arrivés. « Le lendemain au journal télévisé de 13 heures de TF1, un passant montrait la seule balle dont on démontrera par la suite qu'elle a été tirée par l'arme qui a tué Claude Erignac ». Selon la commission, « ces critiques doivent néanmoins être nuancées », notamment en raison du « mouvement de panique » consécutif à l'assassinat qui peut « expliquer les maladresses commises à défaut de les excuser ». Le rapport, qui relève dans ce chapitre « le manque de professionnalisme de la police judiciaire », cite un lieutenant de police d'Ajaccio : « la confusion était totale. Tout le monde marchait : les magistrats, tous ceux qui sont au-dessus de moi, et Dieu sait s'il y en a ! Tout le monde venait voir (...) C'était choquant. Il y avait la cohue. Les gens marchaient sur les douilles ». « Dans ce contexte ô combien exceptionnel, la mise en place d'un périmètre de protection efficace tenait de l'impossible », selon la commission. En conflit ouvert avec Roger Marion, Démétrius Dragacci, alors patron de la police judiciaire d'Ajaccio, se défend : « alors que dès le début on a dit que l'enquête était mal faite (...) il y a sur place un service de balistique très compétent qui le soir même du crime a bouclé la boucle en prouvant qu'une seule arme a tiré », Le juge antiterroriste parisien Gilbert Thiel le soutient, en mentionnant seulement « un ou deux petits loupés».











